Cloud Computing- partie 1: éléments de compréhension

Geospatial – Actualités

8 juin 2009 camptocamp

Ce premier billet introductif au "cloud" sera suivi d’autres billets sur nos activités en matière de dématérialisation des infrastructures et notamment, des Infrastructures de Données Spatiales. Camptocamp allie en effet ses activités et son expertise dans les domaines du GeoSpatial et de l’Infrastructure pour offrir des solutions de Cloud Computing appliquées aux Systèmes d’Information Géographique.


En surfant sur la toile autour du terme Cloud Computing, on se rend vite compte de 3 choses :

  • Tout comme le Web 2.0, le Cloud Computing est une révolution (et une innovation !) qui repose sur des technologies existantes. L’innovation provient de l’aggrégation et de l’industralisation de ces technologies. Le Cloud Computing apporte une réelle valeur ajoutée pour les fournisseurs de contenus, les fournisseurs d’applications, les fournisseurs d’infrastructures, mais aussi les utilisateurs finaux !
  • Tout comme le Web 2.0 à sa génèse, le Cloud computing est entâché d’idées reçues ou de fausses idées . Il convient de prendre du recul et de revenir aux sources !
  • Tout comme le Web 2.0, le Cloud Computing est devenu, en l’espace d’un peu moins d’un an, un véritable Buzzword et aussi un nouveau marché juteux où les "ténors du barreau" (Sun, IBM, HP, DELL, Google, …) rivalisent avec de nouveaux entrants (Amazon, GoGrid, RackSpace, …).

Il convient donc en premier lieu de définir les termes et de désacraliser un certain nombre de mythes en train de se propager sur la toile. C’est l’objet de ce premier billet !

Qu’est-ce que le Cloud Computing ?

Littéralement, le "Cloud Computing " signifie "Informatique en nuage " (voir la définition dans wikipedia qui, par ailleurs, donne une définition approximative du Cloud Computing, c’est dire si la confusion est grande), ou encore, l’informatique via le Web ou l’informatique dématérialisée. Le Cloud Computing signe ainsi l’avènement des services en Informatique où l’ensemble des éléments qui compose l’informatique est accessible sous forme de Services Web : les données, les logiciels mais aussi … l’infrastructure technique. C’est avec l’arrivée de cette dernière composante que le Cloud Computing est véritablement né et c’est pour cette raison qu’il est très souvent uniquement associé à cette composante Infrastructure.

L’autre amalgame que l’on rencontre est celui réalisé entre le Cloud Computing et le Software As A Service (SAAS) qui consiste à accéder à des applications logicielles par des Services Web (Google Apps, par exemple). Il ne s’agit ici, encore une fois, que de l’une des composantes du Cloud Computing. A noter également que les acteurs du SAAS ont initié une démarche plus large vers le Cloud Computing en offrant leurs services applicatifs via des Infrastuctures en "Cloud". (article du zdnet )

Le Cloud intègre donc, non seulement le Software As A Service (SAAS) et l’Infrastructure AS A Services  mais aussi la composante données, à savoir, le Data As A Service (DAAS).

Dans son livre , George Reese définit trois critères principaux pour définir le Cloud Computing d’un point de vue de l’usager:

  • le service est accessible depuis tout navigateur Web ou via une API de Web Services ;
  • aucun investissement initial n’est nécessaire pour consommer le service ;
  • on ne paie que ce que l’on utilise, et le temps qu’on l’utilise.

Cette définition me plaît, car elle fait abstraction de toutes les nuances du jargon marketo-technique qui fuse de part et d’autre en cette période d’émergence du Cloud Computing !

A noter enfin que le Cloud peut être un Cloud ouvert et planétaire (comme AWS), un Cloud "privé" (utilisant les principes du Cloud mais à l’échelle d’une organisation donnée) ou hybride, mêlant Cloud ouvert et Cloud privé.

Open Source et Cloud Computing font-ils bon ménage ?

J’ai été récemment interpellé suite à l’un de nos séminaires par l’un de mes confrères de l’Open Source qui me pose alors la question suivante : "Ne crois-tu pas que le Cloud Computing signe la fin de l’Open Source ?"

Ceci nous ramène, début 2009, peu après l’annonce de Larry Ellison CEO d’Oracle, à la prise de position de Richard Stallman , l’un des fondateurs du mouvement Open Source, qui s’est insurgé contre le phénomène du Cloud Coumputing. Ce dernier rejoint le premier sur le fait que tout et n’importe quoi est dit sur le Cloud (jusque là, nous sommes d’accord !) et surencherit en mentionnant que le Cloud est un retour en arrière vers, non plus des logiciels propriétaires, mais vers une infrastructure propriétaire. Le risque "surligné" par Stallman est celui d’une dépendance forte auprès du fournisseur d’une Infrastructure AAS du fait, notamment, d’un manque d’interopérabilité et d’une non-réversibilité du passage au Cloud. Même si le risque était vrai il y a encore un an, il s’est profondément atténué et devrait disparaître dans les tous prochains mois. Pourquoi ?

a/ Tout d’abord, parce que, comme le leader et initiateur emblématique du Cloud, à savoir Amazon , les fournisseurs d’infrastructure sur le Cloud ou les fournisseurs de Cloud "privé" utilisent très souvent pour leurs serveurs des technologies Open Source de virtualisation très répandues (Xen sur les serveurs EC2 d’AWS), facilitant ainsi le rapatriement de l’infrastructure logicielle pour l’installer sur d’autres serveurs.

b/ Par ailleurs, nous noterons également la création ces derniers mois, de trois initiatives de consortium visant à définir l’interopérabilité en matière de Cloud Computing, à savoir, l’Open Cloud Consortium , l’Open Cloud Standards Incubator et enfin, l’Open Cloud Manifesto . Même si ces projets de standardisation sont, au moins pour les deux derniers, des projets visant à prendre le pouvoir en imposant les règles du jeu, ils démontrent la volonté de rapidement converger vers des systèmes interopérables.

c/ Notons enfin que la communauté Open Source est plutôt très favorable au Cloud et qu’elle porte des projets Open Source support au Cloud Computing, comme le projet de Cloud "privatif" Eucalyptus distribué maintenant avec Ubuntu.

Un autre risque identifié pour l’Open Source est celui où une majorité des logiciels applicatifs serait accessible en mode SAAS. Dans un mode SAAS, le client n’a que faire de la nature du logiciel (libre ou propriétaire), il ne juge que le service rendu. De fait, l’adoption massive du modèle SAAS serait un frein considérable pour la dynamique Open Source. De mon point de vue, c’est un faux problème. Le mode SAAS peut être également une nouvelle opportunité commerciale pour les éditeurs de logiciels libres ! Tels sont les propos tenus par exemple par la société INGRES dans ce blog récent. A noter enfin, l’excellente argumentation de Tim O’Reilly sur le sujet "Cloud Computing (ici SAAS) versus Open Source" qui rappelle la valeur intinsèque de l’Open Source, à savoir l’accès au code source.

La seule ombre jetée par le Cloud Computing sur l’Open Source que je peux entrevoir, est celle de l’effet de mode induit par ce nouveau concept laissant ainsi moins de place au Libre sur la scène médiatique, et encore … le Libre est partout, même dans le Cloud !

David Jonglez, Camptocamp SA Associate Director in charge of business development

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